Fashion crisis

Je n’ai jamais été une grande fashionista. Le sens inné du style semble ne pas faire partie de mon génome. J’avoue d’ailleurs que le shopping a longtemps été pour moi un calvaire terrifiant. Les virées lèche-vitrines entre copines oscillaient entre l’ennui mortel lorsque rien ne m’inspirait, et le terrain miné, lorsque ma frénésie d’inculte me faisait courir le risque de rentrer avec des pièces importables et/ou de mauvais gout.

Quand H&M a débarqué en France dans les années 2000, tout a changé. Le prix dérisoire et la variété infinie des collections ont révélé l’accro du shopping qui est en moi. A l’époque j’étais dans un grande période colorful people: le streetswear qui fait mal aux yeux. J’avais pris cette manie d’assortir la couleur de mes T-shirt à un des mes accessoires (au choix: sac, ceinture, boucles d’oreilles, converse….), et d’accumuler une quantité infinie d’accessoires et de T-shirt tous plus cheap les uns que les autres flashy. Plus confiante en moi, le zèle me portait parfois vers de nouvelles combinaisons inattendues…

Euh… too much Jay 🙂 (giphy.com)

Heureusement, mon style a évolué grâce à des heures passées à lire ELLE et à fouiner sur les blogs mode naturellement avec l’âge. Je sais ce qui me va, et surtout ce qui ne me va pas. J’ai appris à reconnaître les matières synthétiques hyper-transpirantes, les matières non-lavables-qui-vont-te-coûter-des-centaines-en-pressing, les formes qui mettent en valeur tes défauts et qui cachent tes atouts, et de manière générale les vêtements « So 20XX« , déjà has been à peine sortis du magasin. J’essaie de me concentrer sur de belles pièces intemporelles, et je construit au fil des années une garde robe aux basiques impeccables et surtout, portables.

Sauf que voilà, en 2014 les stylistes des grandes enseignes populaires ont pété une durite, Zara en tête de file. L’escalade fofolle de la mode qui tente de se réinventer, poussée par la diffusion éclair de chaque nouveauté par les blogueurs et les internets, me semble avoir atteint le paroxysme de la caricature (de grand créateur… Céline es-tu là).

Le Lookbook d’avril-mai de Zara a beau être super léché comme d’habitude, j’ai du mal à visualiser ces fringues portées… sur moi. Je suis désolée mais qui a envie de s’habiller en blouse d’hôpital:

la blouse de médecin est so trendy (Via Zara lookbook)

Ou en vêtements de capoeira…

Toute femme qui fait plus d’un 34 devrait probablement s’abstenir de porter ce genre de tenue… (Via Zara Lookbook)

Je savais que les années 90 reviendraient à la mode, mais là c’est pas possible…

Super combo jupe culotte / T-shirt au dessus du nombril mixé avec le polo de baseball

Les fringues sont tellement conceptuelles que la marque fait des campagnes de pub avec des fashionista de la vraie vie, pour nous démontrer que les vêtements sont tout à fait praticable dans notre vie de tous les jours. Et franchement j’adore tout du blog d’Amanda Brooks, et Taylor Tomasi Hill a un sens du style super pointu, mais  ces looks ne vont pas être possible pour moi cette saison…

Taylor a tout donné pour nous faire croire que ce mélange de motifs est une option (zara pictures)
Le mix de matière sortie d’un combo Gladiateur/5ème élément c’est sympa, mais je vais plutôt attendre que ça passe

Et puis voilà, j’habite à Rome, et à partir du 15 mai il fait 30 degrés, on transpire rien qu’en respirant, donc ces matières synthétiques que l’on nous fait payer le prix de la soie ce n’est plus possible. Sans parler des coutures twists, des matières en pseudo coton complètement transparent, des boutons qui font joli 5 minutes avant de se faire la malle, des ourlets qu’il faut refaire après 3 lavages…

Il suffit d’aller procrastiner jeter un coup d’œil à Pinterest pour se rendre compte qu’il y a un gap entre ce que veulent porter les femmes et ce que l’on trouve dans les magasins… De loin je vois de très jolies choses, mais il y a toujours un détail qui tue: décolleté plongeant dans le dos, matière ou imprimé infernal, coupe spécial anorexie, ou encore dentelle transparente suggestive de petite dévergondée… Sans être extra féministe collet monté, il y a longtemps que j’ai appris à fixer la jauge entre sexy et vulgaire.

(http://whatshouldwecallme.tumblr.com)

Et sincèrement je ne cherche pas midi à quatorze heure (expression de grand mère, pardon!): dans mon boulot, le costume assez strict est de mise. Mais trouver une jupe crayon ni trop courte ni trop longue  et des chemisiers chics et vaporeux dans de jolies couleurs est devenu mission impossible (ou presque.. cette année je fais mon shopping chez Mango).

Je rêve parfois à l’idée d’apprendre à coudre, comme ma mère, pour pouvoir me libérer de la folie fashion. La bonne nouvelle? Je vais finir par devenir riche à force de ne pas pouvoir dépenser mon argent chez Zara :). La mauvaise nouvelle? Je vais devoir me balader en legging et culotte blanche si ça continue! Aiuto!!!

Zara, je suis venue te dire que…

Publicités

2 réflexions sur “Fashion crisis

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s