La breve histoire triste de Spelacchio

Les romains ont l’art de critiquer fermement mais avec humour leur politiques et la gestion catastrophique de la Ville Etnernelle.

Souvenez-vous de leurs odes aux trous historiques, de leurs prix spéciaux pour sénateurs trop bien payés, ou encore de leur version « super splash » dans le métro quand la ville s’inonde.

Dans la série « Rome court à sa perte mais mieux vaut en rire qu’en pleurer », je vous présente la dernière victime en date du harcèlement des romains sur les internets, j’ai nommé le seul, l’unique, le fantastique…. SPELACCHIO!

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Source: page facebook du Spelacchio

Alors que l’on soit très clair, quand je fais un sapin de Noël chez moi (une fois tous les deux ans, mais vous allez vite comprendre pourquoi), il finit toujours par avoir cette gueule là, le pauvre.

C’est à dire que généralement je l’achète le 18 décembre (date à partir de laquelle je sens enfin l’ambiance de Noël, en dépit des efforts de toute l’industrie des biens de consommation en tout genre pour nous gaver de chansons de Noël à partir du 15 novembre*), et que je l’enlève au mois de juin, lorsque chaque frôlement ou courant d’air fait voler les épines dans mon salon. J’en profite au passage pour remercier toutes les personnes qui ont choisi – consciemment – de rester mes ami(e)s malgré les problèmes de connexion spatio-temporelle évidents de ma petite personne.

Ce n’est pas que j’aime tellement Noël que je tiens à garder mon sapin pendant 6 mois, c’est plutôt que (1) la fin des fêtes me déprime et après Noël je me dis « gardons le au moins jusque fin janvier, que (2) après le 30 janvier je me suis complètement habituée à sa présence chaleureuse dans mon salon et que (3) après mars j’ai vraiment la flemme de le sortir parce qu’ils perd tellement ses épines que c’est ingérable.

Cela étant dit, personne ne paie plusieurs centaines ou milliers d’euros pour venir passer un week-end touristique dans mon salon. Aucune entreprise ne pâtit fondamentalement de mon laisser-aller chronique incurable, pas vrai? Si mon salon est jonché d’épines et que mon sapin a l’air ridicule et « déplumé » personne ne vient faire des selfies pour se foutre ouvertement de ma gueule devant le monde entier. Et quand bien même mes amis le feraient je serais la première à mettre un pouce en l’air.

Rome, quant à elle, est une vitrine sur le monde. La ville accueille chaque année entre 20 et 40 millions de touristes, ce qui rapporte à la commune entre 100 et 120 millions d’euros (en taxe de séjour seulement), sans compter les bénéfices « indirectes » sur tout l’écosystème romain (hôtellerie, taxi et transports en général, magasins, attractions touristiques en tout genre…), qui – s’ils travaillent bien et s’il paient leurs impôts (oui, ça fait beaucoup de « si ») – rapportent à la ville et au pays en général un bon paquet de fric.

Et alors que Milan et toutes les autres villes d’Italie font la compète du plus beau sapin de Noël, Rome a hérité du Spelacchio (le déplumé). Je vous passe les détails de comment on en est arrivé là, de tous les scandales politiques qu’il peut y avoir derrière, de la déjà très mauvaise réputation de la maire de Rome Virginia Raggi du M5S (mouvement politique semi-révolutionnaire italien crée par un célèbre humoriste…).

Je vous passe ces détails là parce que ce qui est vraiment intéressant à observer, ce sont les Romains eux-même et la manière dont ils prennent en dérision le sujet.

Au bout de deux jours, ce triste arbre de Noel avait déjà son petit surnom, au bout d’une semaine il avait sa page facebook,  faisait littéralement la Une de tous les journaux Italiens (mais aussi de la presse internationale!)… Bref, une vraie star.

Petit collection de trouvailles des internautes pour se moquer de ce pauvre conifère:

[le pape à la Maire de Rome : « Rassure moi, tu comptes pas faire aussi la Crèche pour Noël j’espère?« ]

[à gauche: « quand tu commandes quelque chose sur internet« , à droit « quand ils te le livrent« ]

Fin probable de l’histoire triste: il est probable que Spelacchio n’arrive pas « vivant » au 24 décembre. La dernière fois que le maire de Rome a été autant détesté il a du démissionner. C’était il y a 2 ans et demie….

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* Date à partir de laquelle je me rend compte que je n’ai encore fait aucun cadeau de Noel et qu’il me reste moins d’une semaine !!!

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