[j’ai lu] Au Temps où la Joconde parlait

Quand j’ai débarqué en Italie, ce que je savais de la Renaissance se limitait à de très lointains souvenirs de cours d’histoire, avec les courants de pensée humanistes (Érasme) et le développement de techniques nouvelles dans les Arts, en particulier l’usage de la perspective en peinture ou encore Léonard de Vinci et ses inventions géniales.

Pas grand chose en somme pour un bac + 5 me direz-vous, mais je ne me suis pas diplômée en Histoire de l’Art donc … je suis excusée?

Alors certes j’ai rattrapé mon retard en arpentant les galeries des musées du Vatican, des Offices et j’en passe, mais c’est grâce à la lecture du roman historique Au temps où la Joconde parlait de Jean Diwo, conseillé par une copine lors d’un mémorable weekend à Florence d’ailleurs, que j’ai repassé mes classiques et appris presque tout ce que je sais aujourd’hui.

Ce « roman historique » suit la vie de plusieurs artistes de la renaissance au travers de leurs rencontres, de leurs voyages, et de l’avancée des techniques. Le « sujet » de départ du roman est précisément le savant mélange de ces trois aspects qui ont permis aux peintres italiens et d’Europe de passer de la peinture à « tempera » à la peinture à l’huile, une technique développée par les flamands et notamment Jan van Eyck.

Je me suis passionnée pour les anecdotes dont regorge le roman sur les rapports entre les artistes contemporains (amitiés et…. jalousies surtout), leurs relations avec les princes et les papes mécènes (les Médicis, les Borgia, les Sforza, les Farnèse, mais aussi les commanditaires européens…), leur savoir-faire de polytechniciens (Léonard de Vinci était peintre, ingénieur, architecte, designer d’intérieur, mathématicien…. Michelangelo était sculpteur, peintre de génie, mais aussi architecte…), leur vie privée et leur caractère qui donne une lumière particulière à leur oeuvre, l’histoire de certaines œuvres en particulier que je connais si bien (Le David, la Joconde, la Chapelle Sixtine et j’en passe…).

Mais faisons rapidement le tour des super stars du roman:

Leonardo da Vinci est certainement celui dont on connait mieux la personnalité d’inventeur fou et de peintre mystérieux. Jean Diwo le présente comme un jeune beau gosse aux cheveux blonds, qui vit dans son monde et qui s’en BAT LA RATE de ce que pensent de lui les autres. Leonardo fait clairement ce qu’il veut, quand il le veut, avec pour seul but: avoir assez de fric pour pouvoir passer des heures à inventer des trucs nouveaux. Si un mécène le gonflait ou lui demandait de peindre ou de réaliser des sujets qui le gavaient l’intéressaient peu, il prenait ses valises et allait trouver un autre commanditaire.

Quand il en a eu marre de peindre pour les Médicis, il est parti pour Milan pour expérimenter certaines de ses idées d’ingénierie militaire, tout en papotant le bout de gras avec Machiavel sur les champs de bataille. Et après un court séjour à Rome il s’est envolé pour la France, AVEC LA JOCONDE. Il l’a terminée en France, il est mort en France, la Joconde reste en France! Voilà qui devrait clouer le bec de tous les italiens qui se la ramènent avec cette histoire de « Les Français vous nous avez volé la Joconde ».

 

Michelangelo Buonarotti est dépeint comme un jeune geek, pas super beau gosse et obsédé du détail. Lui aussi a un sacré caractère, mais à la différence de Léonard de Vinci, son coté « petit nerveux au caractère de femme ménopausée » tape sur le système de ses mécènes… Heureusement que son génie est incontesté.

Le mec a quand même fait la Pietà à 22 ans et à 26 ans il réussit à mater un bloc de marbre géant et maudit dont il fit le David. Je veux dire moi à 26 ans j’avais réussi à me diplômer et à trouver un travail… Voilà voilà…

Si les deux autres meurent très vieux et laissent derrière eux de très nombreuses oeuvres, sur lesquels ils avaient travaillé personnellement, Raphael, quant à lui, a eu une courte mais intense carrière. Ce jeune loup a trouvé le moyen de faire de son art un business super lucratif, en utilisant le management à la perfection.

En gros, à 37 ans, Raphael était à la tête d’un petit empire, un atelier aux affaires florissantes, où une cinquantaine d’assistants travaillaient sur les œuvres commanditée par tout Rome, sous la supervision du maître.

Si ces trois là ne sont pas de vraies Tortues Ninja, un peu misfits mais qui ont – chacun à leur manière – contribué à changer le monde, je ne sais pas ce qu’il vous faut!

****

Bref, je vous conseille vivement cette lecture avant un voyage en Italie, car votre regard sur les oeuvres ne sera plus jamais le même, promis! Certes, il s’agit comme tout roman historique d’une interprétation personnelle de l’auteur sur des faits ou des suppositions, et certains éléments sont probablement approximatifs, mais le tout donne un semblant d’information culturelle et historique au lecteur, tout en restant un divertissement.

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